Trois petits points

Besoin d'un cocon, je me sens faible en ce moment, aussi bien physiquement que moralement. Surtout physiquement en fait. Le teint blâfard, la jambe qui tire, les épaules qui coincent, le dos qui dérouille. Je ne comprends pas pourquoi, du haut de mes 19 ans, j'ai hérité du corps d'une vieille dame. D'âme.
Déçue, attristée, découragée. Un avenir peu prometteur. Pessimisme. Je veux être loin d'eux, ils me bouffent tels des drogués en manque de leur came.
Besoin d'air. De changement. Mais je sais pertinemment que ça n'arrivera pas. Pas dans mon cas. On a beau dire 'la roue tourne', c'est pas pour moi. Ils m'en empêchent. Elles surtout m'en empêchent.
Stagnation, stagnation, stagnation.
Il est bientôt 22 heures, obligée d'être sur l'ordi de ma soeur car l'autre est en panne, je suis fatiguée. Je m'emmêle.
Eau.
Envie du persil qui règle les problèmes.
Ma santé qui se détériore. Je m'en remets face à mes conneries. B B B.
# Posté le mardi 12 mai 2009 16:01

Au plaisir de se revoir si le hasard en a décidé

Au plaisir de se revoir si le hasard en a décidé
Parfois, on fait comme si rien n'avait existé. C'est ce qu'il a fait jeudi dernier, aux alentours de midi peut-être, je sais plus, dans le bus. J'étais à deux centimètres de lui même pas quand il a composté son ticket. Il ne pouvait pas me rater. Et il a tracé comme ça, faisant comme si il ne m'avait pas vue. Comme si je n'avais jamais existé à ses yeux, réduite à une simple vitrine totalement étrangère. Le c½ur qui s'emballe, le stress qui monte et les pensées qui deviennent confuses. Alors à mon tour je suis sortie du bus sans le regarder et j'ai moi aussi tracé ma route. Et c'est là qu'on se sent à la fois triste, en colère et soulagée. Bonjour, je n'existe pas, on a passé un petit mois ensemble. Bon, je sais, ce n'était qu'un mois, mais on s'est quasiment vus tous les jours. Et je ne me rappelle plus le nombre de fois où j'ai squatté son appart', le nombre de fois où j'ai dormi dans son lit pas confortable pour deux sous. Ainsi que les petites habitudes de couple qui s'étaient installées. Mais quand j'y repense, je n'éprouve pas de regrets, je suis même contente que ça se soit fini. Car je n'aime pas qu'on me prenne pour une conne. Il y a des choses plus facile à admettre que d'autres. Alors non, je ne peux pas passer du jour au lendemain du statut de petite amie à 'wooo trop bonne pote'. Au fond, peut-être que je ne me sentais pas aussi à l'aise avec lui ? Et le fait de l'avoir ignoré dans le bus m'a soulagé, comme un poids vidé dans l'estomac. Une sensation de légèreté et de liberté. Je l'ai oublié facilement. Je n'étais pas amoureuse. Il y en a d'autres actuellement. J'ai envie de rêvasser à autre chose maintenant.
Et j'ai bien cru qu'il y avait un pingouin sur la voiture hier.
# Posté le samedi 10 janvier 2009 14:27

Joyeuses fêtes

Joyeuses fêtes
Lumières fortes et transcendantes. Pas de repos ce soir. Canapés rouge et noir. Musique à tendance insupportable dans mes oreilles. Les corps qui dansent. Posés dans le canap', lui et moi, avachis, allongés l'un sur l'autre. On a perdu le sourire. On regarde les gens passer. Seul ou en couple. Une mauvaise sensation qui remonte le long des reins. Je veux sortir. Et sortie de la boîte, regarder la fraîcheur de la nuit et les illuminations d'un certain Noël. Et là, les larmes ont coulé. Une, puis deux, puis trois. Je n'ai pas pu m'en empêcher. Encaisser des choses sans rien dire, sans rien faire. Depuis plusieurs semaines. Se sentir trop conne, faible et inutile. Alors il fallait que ça sorte. Et le corps titubant et frêle à cause des flots. Moral ayant dépassé la pire des échelles.
Tout ce que je veux là, c'est du gros son. A la Astro. Histoire de se faire du bien et de se défouler sur cette musique que j'aime tant et non du pseudo techno.
# Posté le dimanche 21 décembre 2008 10:21

Un coup de dé

Un coup de dé
Un vieil air de ska dans les oreilles, une cigarette rouillée et le port qui défile sous mes yeux mi-clos à cause d'un soleil trop rare. La boîte à souvenirs poussiéreuse qui s'ouvre encore. Des images s'amoncellent, d'un été tendre, délicieux et sauvage. La chaleur sur nos corps, les concerts et les baffles à fond, bouger bouger jusqu'à en liquéfier tout son corps. Oublier les horaires, sortir sortir, aller où on veut, quand on veut. Dormir où l'on veut, quand on veut. Dans une tente, par terre sur un sol carrelé dur, dans l'herbe, ou ne pas dormir du tout car les djembés, c'était trop bon. Oublier tout tout, nos soucis et ce qui nous stresse. Les voir eux, encore et encore, rire encore et encore. Le voir. Une fois, deux fois, trois fois. Et s'attacher profondément. L'embrasser dans un parc, le taquiner, rester en contemplation face à sa gueule d'ange brun, le prendre dans mes bras et lui dire 'je t'aime'.
L'été, aller dans un autre monde, sourire, faire des nouvelles rencontres et s'extasier devant les bolas.

Et c'est passé. Il y a eu la rentrée à l'université, les horaires, le train train quotidien. Le soleil qui se perd et le froid traître qui s'installe. J'ai eu mes 19 ans et je me suis posée pour mieux repartir. C'est ce que j'ai cru. Illusion d'un début, d'une nouveauté. Nouvelles personnes, nouvelles têtes, nouvelles rencontres. Indépendance, ici, on ne nous prendra pas par la main. Aimer les cours en amphi. Ca change du lycée, y'a plein de monde. Diversité, et ça sent même le bedo jusque dans la cour de la fac. Découvrir les nouveaux cours et nouveaux profs avec un sourire, un sourire amusé. Et penser encore, ça change du lycée.

Et il y en a eu du changement. Des choses auxquelles je ne m'y attendais pas du tout. Dont ce jeune blond aux yeux bleus. Ne pas croire qu'il veut me revoir et finalement le croiser au hasard dans la rue. J'ai bu un verre avec lui le soir même, un diabolo violette, je m'en souviens. Les petits regards en coin, les sourires timides, et la tremblote. Gêne. Puis se poser à la gare et s'embrasser. Un mois. Un mois d'une sorte d'équilibre-déséquilibre. J'avais une personne avec qui parler, rire, me confier, sortir, regarder, caresser, embrasser, faire l'amour. Il n'a pas été le premier, mais c'est tout comme. Et je ne l'oublierais pas. Mais comme Deportivo, c'est la fin allez, comment te dire, c'est fini. Une petite brise de 30 jours, puis dire que l'on est mieux amis. Ouais, c'est mieux comme ça. Et le même refrain qui rentre comme une grosse claque dans mes oreilles. T'es une personne géniale, mais ça peut pas coller entre nous. Je sais pas. Mais c'est pas ta faute hein, entièrement la mienne, c'est moi qui ai merdé. Le même refrain que j'ai entendu le 26 septembre. Et quand je jette un coup d'½il à sa chaîne en or, les souvenirs remontent et j'en ai la larme à l'½il. Sensation d'être prise pour une conne. J'aurais bien aimé qu'ils me trouvent un truc à contredire, un gros défaut. Mais rien. Alors je comprends pas, j'ai toujours pas compris. J'avais un équilibre et le coup de massue, je l'ai pas senti venir. Et tout c'est cassé. Et je me retrouve encore une fois dans ma coquille vide craquelée.

Désillusion. Et je me sens seule. J'ai l'impression de les perdre. Je ne les vois presque plus. On est tous parti dans des études différentes. J'ai peur qu'avec le temps qui passe, on se dise tous bye bye petit à petit. Et je ne le veux pas, car ils sont équilibres. J'ai perdu le traître de Cupidon, je ne veux pas perdre l'Amitié aussi. Et heureusement que certaines personnes sont là à la fac, sinon je serais perdue. On s'dit toutes les deux, qu'on pourrait aller où on veut, jusqu'à Hawaii même, au volant de sa petite titine. Et aller répéter avec les Kings of Inch à Plomeur City. Et se dire qu'on jouera au casino de Bénodet. Vent de liberté ?

Mais dans tout ça, là, maintenant, je suis dans un état neutre. Etat des remises en questions, ni triste, ni en colère, ni joyeuse. Sans changements, sans rien de nouveau. Un état de stagnation. Et j'aime pas.

Je retourne à Paris.
# Posté le mardi 02 décembre 2008 05:54